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Dormir dans le transport en commun

Publié le par Yala Shek

Dormir dans le transport en commun

Dans le 207 de ce matin une tête s'est posée sur mon épaule. À quelques minutes seulement après mon entrée. Une lourde tête. D'une femme inconnue. La quarantaine. Avec sa perruque et tout son poids naturel. Une scène qui n'est pas nouvelle dans le transport en commun. Il m'est aussi arrivé de somnoler jusqu'à m'échouer sur l'épaule de l'autre. Il y a longtemps. Je ne saurais plus dire si l'autre était un homme ou une femme. Mais l'autre avait retiré son épaule sans façon. Mon réveil était brutal. L'autre avait répété son geste deux ou trois fois. Cette anecdote s'est rappelée à moi pendant que je supportais, ce matin, le poids de cette dame fondue sur mon épaule gauche. Je n'ai pas réagi. D'abord par lâcheté. Ensuite en toute conscience. Je n'ai pas voulu faire comme l'autre. J'ai laissé l'inconnue dans son sommeil. J'ai trouvé ça vivifiant qu'elle continue sa grasse matinée sur moi. J'ai même lentement ajusté mon corps, mis un pied sur le pneu de réserve sous notre banc et maintenu l'autre en bas pour plus d'équilibre et pour qu'elle ait moins mal au cou. Elle s'est réveillée un moment. Après un arrêt brusque du chauffeur. J'ai vu du coin de l'œil qu'elle me regardait d'un air propre à ceux qui se reprochent honteusement d'avoir embarrassé quelqu'un. J'ai continué de faire comme si elle n'était pas là. Le chauffeur a réaccéléré. Encore une fois elle est retombée sur ma frêle épaule. Pour tout le reste du trajet cette fois. Je l'ai laissée dormir en me disant qu'on ne sait jamais dans quel état certains montent avec nous dans le bus. Quelle nuit ils ont traversée. Quelle semaine ils ont passée. Quel retard de sommeil, épuisement mental ou physique ils traînent dans une ville aussi stressante et sauvage que Kinshasa. Un peu de douceur pourrait sauver des vies. Dans cette jungle urbaine où les gens sont au bord du gouffre mais tiennent encore debout et avancent tels des zombies.

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Likolo : le coupé-décalé du moment

Publié le par Yala Shek

"La moto est fabriquée par l'homme Blanc, conduits prudemment, le corps est le temple de Dieu, prends-en soin".

Je ne sais pas c'est qui l'artiste mais j'entend la chanson partout. Et il y a cet extrait du lyrics qui me touche. Je me suis demandé pourquoi et j'ai compris. Au-delà du beau message qu'il véhicule, les deux phrases écrites avec concision et sans fioritures dégagent étonnamment un fort parfum de poésie.

Allez dire à son auteur que ça, c'est une punchline. Des phrases de littérature. Il y a même des figures de styles : Rime, assonance, allitération et métaphore. 

Pour ceux qui ne sont pas du monde littéraire, il suffit d'observer les couleurs que j'ai mises sur les mots. Vous comprendrez un peu de quoi il s'agit.

On ne voit jamais ce type d'exercices dans le coupé décalé, un genre musical plutôt délirant, où le beat et le bruit passent avant les paroles. (Il en existe même des morceaux sans un chouïa de mot). 

Je ne sais pas si cet artiste sait ce qu'il a fait. Mais il est un poète, ce gars.

Dans "Ainsi parlait Zarathoustra", Nietzsche a écrit qu'il faut porter en soi le chaos pour mettre au monde une étoile dansante. Notre gars-ci, je crois qu'en franchissant la cabine du studio, il avait des nuages de chanvre et des vagues d'alcool indigène en lui (comme la plupart des chanteurs congolais).

Il a porté son chaos et nous a pondu un extrait d'anthologie dans un tube curieusement obscène (il fait l'éloge du sexe féminin et la chanson est dédiée à son ami motard décédé, pas de rapport lol ). Obscène et que visiblement, les autorités compétentes ne semblent pas vouloir censurer. Peut-être à cause de ces deux phrases justement, si pas parce que la chanson les fait se trémousser eux aussi, car elle ne laisse personne Indifférent depuis sa sortie.

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Kinoiserie à la noix 1

Publié le par Yala Shek

Tu croises ton petit-frère par hasard avec sa copine dans la rue, tu l'appelles "petit yo" pour prouver je ne sais quoi. Apprenez à respecter vos inférieurs lorsqu'ils sont accompagnés de gens qui les aiment. Impolis de naissance.

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Toza ba zoba te

Publié le par Yala Shek

La campagne toza ba toza te démontre une fois de plus que l'Udps ou le gouvernement se comportent comme étant dans l'opposition. On a l'impression qu'ils oublient que c'est eux le pouvoir. Le temps de mbwakela est révolu. 

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